LeaderPOL - Leadership politique pour les personnes d'ascendance africaine pour une gouvernance canadienne inclusive

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Par: Olive Kamanyana, Doctorante en Sciences sociales appliquées, Co-présidente de LeaderPOL Olive.kamanyana@leaderpol.com

C’est en février 2019, en pleine célébration du mois de l’Histoire des noirs, qu’a été constitué LeaderPOL- Leadership politique pour les personnes d'ascendance africaine.

LeaderPOL est un organisme sans but lucratif qui veut responsabiliser les instances municipales, provinciales et fédérale face à la sous-représentation des membres des communautés noires dans la gouvernance québécoise et canadienne.

LeaderPOL veut célébrer la Décennie internationale 2015-2024 proclamée par l'Assemblée générale de l'ONU pour des personnes d’ascendance africaine sous le thème de la reconnaissance, la justice et le développement. LeaderPOL célèbre aussi le leadership déjà reconnu chez les personnes noires d’ascendance africaine, de par leur implication dans la mise sur pied des conditions socio-économiques gagnantes au niveau local et à l’extérieur.

LeaderPOL reconnaît les difficultés qu’ont les membres des communautés noires canadiennes, en ce qui concerne la participation dans la politique active et l’occupation des sièges au sein des institutions responsables de la gouvernance municipale, provinciale et fédérale.

Les données du recensement de 2016 démontrent que 3.5 % de la population canadienne s’identifie comme noire, soit près de 1.2 million de personnes [1]

Cependant, force est de constater que ces personnes sont sous-représentées dans le Parlement canadien, dans l’Assemblées Nationale du Québec et dans les conseils municipaux.

L’élection ou la nomination d’une personne noire dans un poste politique ou institutionnel fait encore les manchettes. Pourtant, la participation des membres des communautés noires dans la construction du pays n’est plus à prouver.

Même si le processus de normalisation de cette participation dans la gestion des affaires de notre pays est lent, nous gardons espoir.

Il faut souligner et saluer les efforts consentis. On note une légère amélioration du nombre de participants dans l’investiture des candidatures dans divers partis politiques. Avec une telle amélioration, on s’attendrait à une plus grande représentation statistique et à une inclusion réelle.

LeaderPOL veut honorer l’exemple des bâtisseurs noirs : Jean Alfred, premier député provincial noir de l'histoire du Québec, élu en 1976 ; Dr Firmin Monestime, premier maire noir élu dans une municipalité canadienne, en 1964 ; l’honorable Jean Augustine (élue en 1993), la première Canadienne noire élue au Parlement, puis la première femme noire à faire partie du Cabinet en tant que Ministre d’état du Multiculturalisme et de la Condition féminine.

Les gouvernements au pouvoir ont la prérogative de nomination dans des postes au sein de grandes institutions. Par exemple, les chefs de direction dans les sociétés d’état, les membres des conseils d’administration de différentes agences, les représentants diplomatiques, etc. Les gouvernants au pouvoir ont aussi cette prérogative de nomination pour la direction des comités et commissions.

Il est important de souligner que la sous-représentation des personnes issues des communautés noires dans ces différents postes est remarquable.

Parlons de la gouvernance du système de justice : la magistrature québécoise et la magistrature canadienne sont inaccessibles aux personnes issues des communautés noires.

Les provinces canadiennes ont d’ailleurs fait le constat du manque de diversité dans leurs tribunaux, que ce soit l’Ontario, la Nouvelle Écosse, ou le Manitoba. Au Québec, la presse canadienne indique que seulement 3 juges sont issus de minorités visibles sur 500 magistrats, soit 0,6 %. Pourtant, selon les chiffres du Barreau, plus de 1800 de ses quelque 25 000 membres, soit 7,2 % s'identifient eux-mêmes comme faisant partie d'une minorité visible[2].

En 2002, avec une feuille de route impressionnante, le juge Daniel Dortélus est le premier homme noir à accéder à la magistrature au Québec et il demeure, en 2019, le seul homme noir au sein de la magistrature du Québec. Cette magistrature est composée de 343 juges nommés par le Gouvernement du Québec pour l’ensemble de la Cour du Québec et de 225 juges à la Cour supérieure et à la Cour d’appel du Québec qui sont nommés par le Gouvernement du Canada.

Quand verrons-nous un juge issu des communautés noires à notre Cour Suprême du Canada. Le Canada et le Québec ont des avocats membres de la communauté noire qui ont fait leur preuve.

Au niveau municipal, LeaderPOL veut travailler avec les différentes municipalités pour que les nominations au sein des comités et commissions considèrent la candidature des membres des communautés noires. Ces communautés occupent une place importante et sont des grands bâtisseurs de villes.

Les jeunes issus des communautés noires peuplent nos écoles, nos universités; ils sont membres des corporations professionnelles. LeaderPOL veut les soutenir pour que leurs candidatures soient valorisées, pour qu’ils puissent atteindre le sommet de ces organisations, au même titre que tous les autres professionnels.

Dès aujourd’hui, LeaderPOL s’engage à bâtir les ponts avec tous les paliers de gouvernement pour faire la promotion de l’expertise et du leadership de ces ingénieurs, économistes, spécialistes de la finance, médecins, infirmiers et infirmières, spécialistes de l’éducation, orthophonistes, professeurs d’universités, etc.

LeaderPOL apprendra de la longue marche des femmes qui progresse à grand pas vers la parité. Pour LeaderPOL le mot « parité » commence par « Reconnaitre le leadership des canadiens et canadiennes d’ascendance africaine » qui construisent notre Canada, notre Québec, Région de la capitale nationale.

Les membres de LeaderPOL veulent que les politiques qui nous gouvernent rencontrent les besoins des membres des communautés noires, d’un océan à l’autre.

[1]FrancoPresse de février 2019. Selon Les publications de 2018 180 575 individus s’identifient au groupe des Noirs, soit 29 % des minorités visibles de l’agglomérationde Montréal. Dans la grande région métropolitaine de recensement d'Ottawa-Gatineau, entre 2006 et 2016, la population noire a presque doublé, passant de 45 000 personnes en 2006 à 78 000, grâce principalement à une immigration accrue en provenance des Antilles et de l'Afrique.

[2]Andrew Griffith https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/actualites-judiciaires/201607/18/01-5002194-juges-au-canada-les-minorites-tres-peu-presentes-revele-une-etude.php Ontario to improve provincial court diversity, September 18, 2017|Written By Dale Smithhttps://www.lawtimesnews.com/author/dale-smith/ontario-to-improve-provincial-court-diversity-13682/

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